C'est au cours de ses études qu'il tombe en arrêt
devant un spécimen de crâne semi désarticulé
et qu'il est frappé par une intuition qui le taraudera
toute sa vie : les agencements anatomiques des structures
crâniennes semblent indiquer l'existence de mouvements
entre-elles. Il appellera cette intuition L'idée
folle. Il mettra plus de vingt années à accepter
l'idée et à se lancer dans une étude
exhaustive de l'anatomie du système osseux crânien
afin de déterminer la véracité de son
intuition.
En 1939, il publie une courte monographie The Cranial Bowl (La coupe crânienne), exposant la théorie du possible mouvement des os du crâne. Il y développe sa vision mécaniste du crâne. Cet ouvrage n'aura aucun succès et ne rencontrera que très peu d'intérêt chez les professionnels de son époque.
Ses recherches le conduiront à développer ce que nous appelons l'ostéopathie crânienne, qui se fonde sur la reconnaissance de la mobilité microscopique de toute structure vivante et son application particulière au domaine crânien. Il met l'accent sur le travail utilisant la puissance interne du système vivant plutôt que l'application de forces externes :
«Permettre à la fonction vitale interne
de manifester sa puissance infaillible,
plutôt que d'appliquer une force
aveugle venue de l'extérieur.»[1]
Aujourd'hui encore controversée, cette approche permet
de traiter de nombreux problèmes que les techniques
ostéopathiques classiques ne permettent pas de résoudre,
notamment, chez le jeune enfant.
[1] W. G. Sutherland, La Coupe crânienne, 2002, p.
115.


